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Recensions OCTOBRE - DECEMBRE 2006

Dieu et la raison : l’intelligence de la foi parmi les rationalités contemporaines, Sous la direction de François Bousquet et Philippe Capelle, Paris,
C’est un beau témoignage de ce que doit être le travail des Universités catholiques qui est donné par les actes du colloque organisé à l’Institut catholique de Paris en mars 2004 sur le thème : Dieu et la raison. En effet, l’actualité de la réflexion et la présence d’intervenants faisant autorité font de ce colloque une bonne introduction aux questions que doit affronter la pensée chrétienne et lui permettent de donner des précisions utiles à un chercheur qui y trouvera des éléments pour mener à bien la conduite de ses propres travaux. La première partie enracine la question dans l’actualité (“De la raison aux rationalités. Questions nouvelles”). La première conférence par Jean Greich explicite la portée de l’emploi du terme “rationalité” dont l’usage marque une manière de penser et d’habiter la tradition intellectuelle. La deuxième conférence par Michel Simon, qui traite des sciences cognitives, montre comment les sciences se sont emparées de la question de l’esprit qui semblait jusqu’alors être hors de son champ. La troisième conférence par Olivier Mongin situe la question dans un horizon d’universalité en évoquant la mondialisation. Enfin, la quatrième par Christoph Theobald présente “le choc des rationalités en théologie”. On voit paraître dans ces quatre communications une question fondamentale qui est d’articuler diversité, singularité et universalité. La deuxième partie (“Philosophie devant le croire chrétien”) ouvre des dossiers importants. Le premier est présenté par Jacques Bouveresse qui, dans la ligne de sa philosophie attentive au langage et aux rapports entre croyance, foi et langage. Le deuxième est présenté par Philippe Capelle : celui-ci aborde la situation des philosophies contemporaines face au discours de la foi ; il donne ainsi un bon status quaestionis des questions qui habitent les études philosophiques et la théologie fondamentale. Le troisième est “la philosophie face au problème de l’athéisme”, présenté par Jocelyn Benoist. Jean-Luc Marion, dans le quatrième exposé de cette partie, présente ses recherches actuelles sur le rapport entre la phénoménologie et le christianisme. La troisième partie concerne la théologie. Trois exposés donnent un panorama de ses positions. Le cardinal Georges Cottier s’interroge sur la scientificité de la théologie ; Denis Müller aborde les questions de l’éthique ; Henri-Jérôme Gagey s’interroge sur le statut de la théologie pratique. La quatrième partie (“La foi, ses savoirs et sa rationalité”) va plus avant. Avec Vincent Holzer, elle s’interroge sur la nature même de la théologie, à partir de ses relations à l’histoire, à la philosophie, à l’exégèse critique, et à la notion même de révélation. Ensuite, le débat se poursuit avec Pierre Gisel sur l’acte même de croire et avec François Bousquet sur la place du Christ. L’ensemble du parcours est “relu” par Joseph Doré qui dans une brève conclusion note qu’un tel ouvrage a été précédé par des rencontres et des travaux dans des groupes de recherche et ainsi rend raison de son unité et de sa pertinence. Cet ouvrage constitue une excellente introduction aux questions actuelles qui sont l’objet de la théologie fondamentale ; il en donne à la fois une introduction suggestive et un approfondis-sement.
J.-M. MALDAMÉ
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